le cout réel de l’électricité

Quels frais se cachent derrière votre facture d’électricité ? « Personne ne connaît le coût complet du nucléaire. Moi je ne sais pas vous le dire », a reconnu Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Producteurs d’électricité, opposants à l’atome et simples experts se livrent à une guerre des chiffres.

32 euros du MWh pour EDF

L’énergie produite avec l’atome semble bon marché à première vue. « L’exploitation du parc permet d’obtenir des coûts de l’ordre de 32 euros par mégawattheure (MWh), inférieurs aux prix du marché et de très loin inférieurs à tous les coûts de moyens neufs, quels qu’ils soient, qui viendraient s’y substituer », déclarait récemment Dominique Minière, directeur du parc nucléaire et thermique d’EDF. Un Mwh représente à peu près 1 000 cycles de machine à laver.

Le nucléaire reste « très bon marché parce que les investissements sont complètement amortis », tempère Patrick Criqui, économiste à l’université de Grenoble (Isère). « Si on veut prolonger les centrales, il faudra dépenser pas mal d’argent », avertit l’expert. Un réacteur de plus de 40 ans a besoin d’une autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour prolonger son activité. Les mises aux normes risquent de coûter plus que les 48 milliards d’euros prévus par EDF jusqu’en 2025.

Une vision à court terme ?

Pour Greenpeace, « EDF est de mauvaise foi ». L’ONG antinucléaire assure que le producteur d’énergie oublie les « charges futures et investissements d’avenir ». Le coût réel du démantèlement des centrales et de l’enfouissement des déchets reste mal connu. En 2016, le gouvernement avait chiffré à 25 milliards d’euros le coût du projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Ce montant était loin de faire consensus.

EDF a déjà provisionné plusieurs milliards d’euros pour anticiper le démantèlement à venir de ses réacteurs. L’an dernier, un rapport parlementaire avait toutefois jugé trop optimistes les prévisions du géant de l’électricité. Le renouvellement du parc risque de coûter cher. « Les estimations les plus optimistes pour l’horizon 2020-2025 sont de l’ordre de 60 euros le Mwh. Mais il est assez clair qu’il y a des très fortes incertitudes, ça peut aller jusqu’à 90 euros du Mwh », conclut Patrick Criqui.